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Jean de Roucy duc-évêque de Laon (1386-1419) et Pair de France

Jean de Pierrepont était fils de Simon comte de Roucy et de Braine et de Marie de Châtillon (1). Il naquit au château de Braine. Déjà conseiller au grand conseil, il fut élu et confirmé évêque de Laon le 7 juin 1385. 
Suivant le Trésor des chartes, il promit à la Chambre apostolique le 1 mars 1386 et le 3 août 1390 reçut l'hommage de Jean de Montaigut devenu vidame de Laon (2).
Armes des ducs-évêques de Laon
Cet évêque était un homme inébranlable ni la cabale ni le crédit ne pouvaient l'intimider lorsqu'il avait pour lui le bon droit. Celui qui fut surnommé "le bon évêque" joue un rôle considérable dans la défense des droits de la maison de Pierrepont, comme l'illustre l'épisode ci-contre.

Il assista au concile tenu à Reims le 27 avril 1408 et on le trouve mentionné dans les actes du parlement de 1393 et 1410 époques où il était en litige avec le procureur du roi au sujet de la juridiction de son duché et où il nomma des fondés de pouvoirs pour terminer des différends avec le seigneur de Chauny.

Le 12 novembre 1413 il fit partie d'une assemblée des pairs devenue célèbre dans l'histoire et mourut en 1419 avec la réputation d'un excellent évêque. On l'inhuma dans la chapelle Saint Denys des Prémontrés de Braine. Dom N. Le Long (3) assure que Jean de Roucy jeté en prison comme partisan des Armagnacs fut massacré par la faction bourguignonne le 12 juin 1418 avec le connétable d Armagnac et plusieurs autres prélats et seigneurs. 

Il portait pour armoiries personnelles d'or au lion d'argent, tandis que les armoiries de son duché-pairie sont : de France à la croix de sable et à la crosse épiscopale de gueules (ci-dessus).

Doué d'un grand génie (4), il aimait et protégeait les arts comme on peut le voir par les tombes superbes qu'il fit élever dans l'église Saint-Yved de Braine pour honorer la mémoire de ses parents (ci-contre). Matthieu Herbelin lui a consacré dans son curieux et naïf langage les lignes suivantes :

Le second fils dudict Symon et de la dicte dame Marie de Chastillon eust nom Jehan qui fust comme il est dict evesque et duc de Laon conte d Anisy per de France lequel estoit appelé le bon evesque lcelluy donna aucuns beaulx joyaulx reliquaires et ornements en fesglise de Sainct Yved de Brayne et fist faire la tumbe de son père et de sa mère la tumbe de son frère Hue et de Blanche de Coucy sa femme la tumbe de Symon son frère et de Hue son nepveu la tumbe de Charles de Saluz filz de Marguerite fille de Hue et de la dicte Blanche de Coucy Oultre plus icelluy Jehan evesque et duc de Laon fist faire deux contretables qui sont à present à la chapelle de Saint Denis"

1387 - Jean, conseille habilement son frère 
avec succès dans son procès

Cet extrait raconte le rôle du Duc-évêque de Laon, pair de France et membre du grand conseil du roi dans la défense des droits de la maison de Pierrepont à propos du comté de Roucy

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Simon de Roucy qui fut comme nous venons de le dire la souche des seigneurs de Roucy et de Braine eût de Marie de Châtillon sa femme quatre enfants qui sont :
  • Hugues de Roucy l'aîné nommé aussi Hugues II pour le distinguer de son oncle fut comte de Roucy et de Braine marié à Blanche de Coucy et père de Jean Vl 
  • Jean de Roucy évêque de Laon surnommé le bon évêque 
  • Simon II dit flnsensé seigneur de Pont Arcy mort au mois de juin 1402 
  • Et Marguerite de Roucy qui épousa Thomas de Saluces 
Immédiatement après la mort de Simon son père, Hugues ou Hues de Roucy entra en possession du comté de Braine. Jeanne reine de Navarre et duchesse d Anjou l'attaqua au sujet de ce comté qu'elle prétendait lui appartenir. L'affaire fut portée au Parlement et suivie par la reine avec toute la vigilance possible Le haut rang et le crédit de Jeanne effrayèrent d'abord Hugues qui fut bientôt rassuré par les conseils de son frère l'évêque de Laon. Le jour du jugement la reine parut au Parlement suivie d'une cour brillante. L'évêque de Laon qui avait mis de son parti les ducs d'Orléans, de Bourgogne et de Berry parut à la suite de ces princes avec son frère le comte de Braine. La déclaration du Parlement fut favorable à la cause de Hugues et la reine qui avait la réputation d'aimer les procès dit Froissard se retira toute confuse.<...>

Le jugement pose pour condition de rembourser les sommes qui avaient été payées sur le prix d’acquisition. Hugues rentre dans ses droits en 1390.

source : 

Monographie de l'ancienne abbaye royale Saint-Yved de Braine Stanislas Prioux p.21 et seq

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