Alain de Pierrepont dit de Roucy, sieur de Neuville

ca1164-1220

"L’un des plus célèbres chevaliers de son temps"

lundi 7 novembre 2005

Alain de Roucy, sieur de Neuville [1] fut un des plus célèbres chevaliers de son temps. Son nom figure parmi ceux des hommes liges du comte de Champagne dans l’état des fiefs dressé vers l’an 1172.

Gisors, l’une des portes de la Normandie pour les rois de France

Il compta au nombre des conseillers de Philippe-Auguste. Les Anglais le firent prisonnier à la bataille de Gisors, en 1198 : le ménestrel de Reims raconte que, dans une reconnaissance faite par le roi, Alain l’avait sauvé en prenant ses armes et en se laissant emmener captif à Rouen par l’ennemi trompé. Il venait à peine d’être échangé contre un chevalier anglais, quand il fut nommé au commandement de l’avant garde qui envahit la Normandie, en 1203, et il prit plaisir à se venger en ravageant le pays [2].

Ce loyal chevalier vir multae probitatis, ayant pris la croix contre les Albigeois, arriva en Languedoc au moment du siège de Calstenau (1211) et prit part à la bataille de Muret en 1213.

L’année suivante, il revint dans le nord se battre à Bouvines le 27 juillet 1214, avec d’autres bannerets sous les ordres du sire de Coucy.

Il ne tarda pas à retourner en Languedoc, où sa présence suffisait à paralyser les ennemis. La chanson de la croisade lui donne un rôle de Nestor au franc-parler plein de prudence et de modération.

Il assista au siège de Beaucaire en 1216, à celui de Toulouse en 1216-1217, au combat de Baziège en 1219. Il avait acquis, dès avant 1214 les seigneuries de Durfort, Montréal et de Bromi, prés de Carcassonne.

En 1220, sa ville de Montréal fut livrée par les bourgeois à Raymond de Toulouse ; il fut gravement blessé à la tête pendant l’assaut donné au château, que son fils rendit à l’ennemi. Il s’excusa devant les chefs croisés, de ce que sa blessure ne lui avait pas permis de conserver le commandement et, refusant, dans sa douleur de boire et de manger ; mourut peu aprés.

Il épousa Clémence, fille de Hugues, vidame de Châtillon-sur-Marne. [3]

Nous savons aujourd’hui tant par Melville [4] que par le rôle d’armes d’Assises de 1203 qu’il était frère de Robert de Pierrepont Ier comte de Roucy dans cette maison et qu’il a également porté le nom d’Alan de Petraponte [5]

P.-S.

Maxime de Sars recherche une explication au nom d’Alain de Pierrepont, de même qu’il donne un blason "Fascé de ...et de...de douze pièces, au franc quartier d’hermine" comme étant celui des Roucy-Neuville. En fait les historiens savent aujourd’hui que les noms de famille ne se fixent que peu à peu au cours du XIIIème siècle et l’héraldique vers la fin du siècle. Les noms des chevaliers révélaient alors leurs possessions et alliances de même que leurs armes reflétaient leur lignage ou les relations à un suzerain.